Les pionnières qui ont ouvert la voie
Olympe de Gouges (1748-1793)
Autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791, elle est la première à revendiquer l'égalité juridique entre hommes et femmes. Elle sera guillotinée en 1793, notamment pour ses écrits.
Marie Curie (1867-1934)
Première femme à recevoir un prix Nobel (physique, 1903), puis un second (chimie, 1911). Elle reste à ce jour la seule personne à avoir obtenu des Nobel dans deux disciplines scientifiques différentes.
Simone de Beauvoir (1908-1986)
Son essai Le Deuxième Sexe (1949) a posé les bases théoriques du féminisme moderne avec sa célèbre phrase : « On ne naît pas femme, on le devient. » L'ouvrage a influencé des générations de militantes à travers le monde.
Valentina Terechkova (née en 1937)
En 1963, elle devient la première femme à voyager dans l'espace à bord de Vostok 6. Il faudra attendre 19 ans avant qu'une autre femme ne retourne dans l'espace.
Malala Yousafzai (née en 1997)
Victime d'une tentative d'assassinat par les talibans en 2012 pour avoir défendu le droit des filles à l'éducation, elle reçoit le prix Nobel de la paix en 2014, devenant la plus jeune lauréate de l'histoire.
Et aujourd'hui ? Les chiffres qui interpellent
Si des progrès considérables ont été réalisés, les inégalités persistent à l'échelle mondiale :
- Les femmes représentent environ 50 % des personnes vivant dans l'extrême pauvreté, même si les ménages dirigés par des femmes sont surreprésentés parmi les pauvres (Banque mondiale, 2018)
- À l'échelle mondiale, le taux de participation des femmes à la population active avoisine 47 %, contre environ 72 % pour les hommes (estimations OIT, 2024)
- Seulement 27 % des sièges parlementaires dans le monde sont occupés par des femmes (2024)
- L'écart salarial moyen entre hommes et femmes reste d'environ 16 % au niveau mondial
- Le mouvement #MeToo, né aux États-Unis en 2017, a libéré la parole sur les violences sexuelles et sexistes dans le monde entier
Ces statistiques rappellent pourquoi le 8 mars n'est pas une fête, mais un rappel : le combat pour l'égalité est loin d'être terminé.
Le saviez-vous ?
Quelques faits méconnus sur cette journée et l'histoire des droits des femmes :
- Le violet, le vert et le blanc sont les couleurs historiques de la Journée des femmes, héritées du mouvement des suffragettes britanniques
- En Italie, le 8 mars est associé au mimosa, que les hommes offrent traditionnellement aux femmes
- La Russie et de nombreux pays de l'ex-URSS considèrent le 8 mars comme un jour férié officiel
- En Chine, de nombreuses entreprises accordent une demi-journée de congé aux femmes le 8 mars
- L'expression « droits de l'Homme » au sens universel a longtemps servi à invisibiliser les revendications spécifiques des femmes, c'est pourquoi on parle désormais de « droits humains »
Le 8 mars autour du monde aujourd'hui
Si le 8 mars est une date commune à plus d'une centaine de pays, sa signification varie radicalement d'une culture à l'autre.
En France
Depuis 1982, le 8 mars est officiellement reconnu comme Journée nationale des droits des femmes. C'est l'occasion de manifestations, colloques et campagnes de sensibilisation. Le gouvernement et les associations féministes organisent des prises de parole, mais le jour n'est pas férié.
Aux États-Unis
Le mois entier de mars est désigné Women's History Month depuis 1987. Le 8 mars y est marqué mais s'insère dans une commémoration plus large des contributions féminines à l'histoire américaine.
En Italie
La Festa della Donna est avant tout une fête sociale. Les hommes offrent traditionnellement des mimosas aux femmes, collègues, amies, mères, compagnes. La fleur jaune est devenue le symbole national de la journée depuis 1946.
Le 8 mars est un jour férié officiel, célébré comme une fête où l'on offre des fleurs et des cadeaux aux femmes. La dimension militante a été progressivement effacée par le régime soviétique au profit d'une célébration de la « féminité ».
En Chine
Les femmes bénéficient officiellement d'une demi-journée de congé le 8 mars. Les centres commerciaux multiplient les promotions, transformant la journée en événement consumériste, un détournement régulièrement dénoncé par les militantes.
En Afghanistan, en Iran, en Arabie Saoudite
Dans plusieurs pays où les droits des femmes restent gravement menacés, le 8 mars prend une dimension de résistance silencieuse. Les manifestations sont souvent interdites ou réprimées. La date devient un symbole pour les militantes en exil et leurs alliées internationales.
Les violences faites aux femmes : les chiffres qui glacent
Derrière les célébrations se cache une réalité difficile. Les violences de genre restent l'une des violations des droits humains les plus répandues au monde.
- Une femme sur trois dans le monde a subi des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie (OMS)
- En 2023, 51 100 femmes et filles ont été tuées par leur partenaire ou un membre de leur famille, soit 140 victimes par jour (ONU Femmes)
- Plus de 640 millions de femmes vivantes aujourd'hui ont été mariées avant l'âge de 18 ans
- En France, environ 122 femmes sont victimes de féminicide chaque année, soit une tous les trois jours
- Une fille sur quatre dans le monde n'a pas été à l'école secondaire
- Le harcèlement de rue touche entre 80 et 100 % des femmes selon les pays, un chiffre qui n'a quasiment pas bougé depuis 30 ans
Ces statistiques rappellent que le combat pour les droits des femmes ne se joue pas qu'au parlement : il se joue aussi dans les foyers, dans les rues et dans les écoles.
Le 8 mars n'est pas qu'un symbole. C'est un point de départ pour passer à l'action, toute l'année.
- S'informer : lire, écouter, suivre les militantes et les chercheuses qui décryptent ces sujets
- Soutenir financièrement une association locale (Solidarité Femmes, Mouvement du Nid, Fondation des Femmes…)
- Témoigner quand on est victime ou témoin de violences sexistes (3919 en France, numéro gratuit et anonyme)
- Repérer les biais dans le langage, les médias, les manuels scolaires
- Voter pour les candidat·es qui portent des engagements concrets sur l'égalité
- Discuter avec ses proches, parfois, le combat le plus difficile est celui qui se mène à table en famille
FAQ, questions fréquentes
Pourquoi dit-on Journée des droits des femmes et plus Journée de la femme ?
L'expression officielle des Nations Unies est « Journée internationale des femmes » depuis 1977. La formulation « droits des femmes » s'est imposée en France pour rappeler que la journée n'est pas une fête commerciale, mais une journée de revendication politique et sociale.
Pourquoi le mimosa est-il associé au 8 mars ?
En 1946, des militantes italiennes du Parti communiste cherchaient une fleur abondante en mars, peu coûteuse et locale pour symboliser la journée. Le mimosa, qui fleurit précisément à cette période, s'est imposé naturellement.
Existe-t-il une Journée internationale de l'homme ?
Oui, le 19 novembre est la Journée internationale des hommes, créée en 1999. Elle aborde des sujets comme la santé masculine, le rôle paternel et la prévention du suicide. Elle est cependant beaucoup moins médiatisée.
Pourquoi le violet est-il la couleur des féministes ?
Le violet a été adopté par les suffragettes britanniques en 1908 : il symbolisait la dignité et la justice. Combiné au vert (espoir) et au blanc (pureté de l'idéal), il forme le triptyque historique du mouvement féministe.
Le 8 mars est-il vraiment efficace pour faire avancer les droits ?
Les journées internationales ne changent pas la loi à elles seules. Mais elles rendent visibles les enjeux, mobilisent les médias, fédèrent les militantes et créent des moments politiques. Leur efficacité dépend de ce qu'on en fait le reste de l'année.
Pour aller plus loin
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Testez vos connaissances sur les femmes d'exception
Un héritage vivant
De Clara Zetkin aux ouvrières de Petrograd, de Simone de Beauvoir à Malala Yousafzai, la Journée internationale des droits des femmes porte l'héritage d'un siècle de luttes. Chaque avancée obtenue l'a été grâce au courage de femmes, et d'hommes, qui ont refusé l'injustice.
Le 8 mars n'est pas un jour pour offrir des fleurs. C'est un jour pour se souvenir, pour s'informer et pour agir. Et la meilleure façon de commencer, c'est de connaître l'histoire.